Les préparations hyperprotéinées

Qu’est ce qu’une protéine, à quoi sert-elle ?

Le terme protéine vient du grec « protus » qui signifie premier. Les protéines sont des éléments essentiels à la croissance et à la réparation tissulaire, au bon fonctionnement des cellules vivantes et à leur structure. Elles jouent aussi un rôle dans la reproduction de l’espèce.

Toutes les étapes de notre vie dépendent de l’apport en protéines. On en trouve à tous les niveaux, dans les muscles, tendons, os, tissus, cartilage, cristallin, hormones, anticorps, sucs digestifs, ongles, poils, cheveux, toxines et bactéries… Les protéines sont donc bel et bien essentielles à la vie !

Les protéines constituent 20 % du poids du corps. Pour un adulte de 70 kg cela représente 14 kg de protéines !
Les constituants de base des protéines sont les acides aminés (AA) liés les uns aux autres. Une protéines type peut contenir de 200 à 300 AA..
Chaque protéine possède un nombre spécifique d’AA organisés en séquence particulière, la forme de la molécule est importante car elle détermine souvent la fonction de la protéine.

Il existe environ 20 acides aminés différents dans les végétaux et les animaux , 8 acides aminés sont dit essentiels car non synthétisables par l’organisme, ils sont fournis par l’alimentation : la leucine, le tryptophane, l’isoleucine, la lysine, la méthionine, la phenylalanine, la valine et la thréonine. Pour les enfants un 9eme AA est essentiel c’est l’histidine (facteur de croissance)

La présence au même repas des 8AA essentiels est une base nutritionnelle incontournable car si un seul des AA vient à manquer, le reste de la ration de protéines ne sera pas assimilé correctement, elle sera assimilée à 2 % uniquement il portera alors le nom d’AA limitant. C’est la « la loi du minimum de Rubner »

Les sources alimentaires des protéines

Les protéines sont présentes dans différents aliments,

  • Les sources animales sont la viande, les œufs, le fromage, le poisson, elles procurent des protéines à haute valeur biologique (les 8 AA sont présents )
  • Les végétaux, les graines et les légumes fournissent des protéines à faible valeur biologique (les 8 AA essentiels ne sont pas présents)

Dans un régime végétarien, il va donc falloir associer plusieurs sources de protéines végétales au cours d’un même repas.
L’association légumineuse et céréales permet d’obtenir une valeur biologique supérieure.
Pour une meilleure digestion on utilisera 2/3 céréales + 1/ 3 légumineuses. Ces combinaisons entrent généralement dans la préparation des recettes culinaires traditionnelles de différents continents ( riz-lentilles en Inde, mais- haricots rouges au Mexique, Haricots blancs –sarrasin dans les pays de l’Est, soja-riz en Chine, semoule – pois chiche en Afrique du Nord…

Les régimes alimentaires omnivores ( intégrant des aliments d’origine animale et végétale ) des pays développés fournissent des quantités adéquates de protéines.

Les Européens, ont même tendance à être en excès de protéines.
Par exemple la consommation annuelle de viande est de 110 Kg par an et par personne soit 200 à 300g par jour et par personne soit 90 g de protéines par jour, alors que les besoins sont pour un adulte de 1 g par kg et par jour c’est à dire 70 g pour un adulte de 70 kg !!!

Les acides aminés provenant des protéines animales (viande, poisson, fromage) contiennent des acides forts (phosphorique et sulfurique) et des purines qui fournissent elle-même des composées acides (acide urique).
Ils sont donc fortement acidifiants. L’élimination des ces acides forts se fait par les reins.
Les animaux carnivores qui se nourrissent presque exclusivement de viande possèdent une enzyme spécifique l’uricase qui les protège de l’encrassement par l’acide urique lié à une consommation importante de viande.

Chez l’homme cet enzyme n’existe pas, une consommation démesurée de protéines animale est souvent responsable de maladies uriques ; rhumatismes goutteux et lithiases rénales.

Les carnivores souffrent d’hyperacidité, l’organisme est alors obligé de puiser dans les réserves minérales dont la première conséquence est la déminéralisation.

Il convient donc toujours d’associer aux protéines des aliments riches en bases minéraux, oligo-élément..) comme les légumes les fruits, les pommes de terre, châtaigne, soja…

Il ne faut pas pour autant diaboliser les protéines car si on en manque, cela peut être source de fatigue chronique, ostéochondrose, baisse de la fabrication des hormones et des anticorps (entraînant une baisse immunitaire).
Il faut donc en consommer 2 fois par jour.

La place des préparations hyperprotéinées, comment les choisir ?

Peut -on consommer des substituts hyperprotéinés pour remplacer une part de protéine dans la journée ?

Oui si on choisit des hyperprotéinés de qualité ayant une haute valeur biologique : avec un apport de tous les AA essentiels en quantités équilibrées, sans édulcorants, sans colorant artificiel, enrichie en vitamines, minéraux et fibres naturelles pour limiter le coté acidifiant des protéines.

Pour les intolérants aux produits laitiers, il existe des préparations hyperprotéinées à base de protéines 100% végétales

Quand et dans quelle circonstances les utiliser ?

  • Lorsqu’il y a une perte de vitalité, un apport insuffisant de protéines chez les seniors(problème de dentition ou dégoût de la viande)
  • Pour améliorer l’humeur grâce aux AA précurseurs des neuromédiateurs. Pour limiter les hypoglycémies matinales.
  • Pour prévenir les carences, renforcer le dynamisme et les défenses immunitaires.
  • Pour entretenir sa ligne et favoriser efficacement la perte de poids sans carence.
  • Pour les sportifs voulant développer leur masse musculaire et optimiser la récupération après l’effort
  • Lors de la ménopause, pour ralentir la perte de masse osseuse et favoriser l’équilibre féminin
  • Lors de convalescence, cicatrisation, pour favoriser les synthèses cutanées musculaires osseuses et immunitaires
  • Pour accompagner la croissance des adolescents, pour limiter les hypoglycémies matinales à l’origine des baisses de concentration.

Nous l’avons bien compris, les protéines sont source de vie. Les protéines animales et /ou végétales doivent se retrouver dans notre assiette. Les préparations hyperprotéines de bonne qualité nutritionnelle ont donc leur intérêt dans de nombreuses situations, mais gardons toujours à l’idée notre principe , privilégier avant tout une alimentation dense et variée.

Françoise Treilhou Nutritionniste Naturopathe Ecole Cenatho