L’allergie respiratoire

Un grand merci au Docteur Joël Liagre pour avoir validé notre article sur les allergies respiratoires. Le Dr Liagre est spécialisé en micronutrition et Phyto-aromathérapie.

 

 

Vaste domaine que sont les allergies.

 

On distingue trois principaux types d’allergies :

  • allergie alimentaire provoquant des troubles digestifs, respiratoires, cutanés
  • allergie cutanée par contact avec des allergènes naturels (animaux, acariens, poussières) ou artificiels (latex cosmétiques…)
  • allergie respiratoire provocant rhinites, sinusite, asthme

 

 

C’est cette dernière qui nous intéresse.

 

Plus de 20% de la population française souffre d’allergie respiratoire et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Il correspond à une hypersensibilité des muqueuses de l’arbre pulmonaire ou des cavités nasales et pharyngées. C’est une réaction excessive du système immunitaire à une ou plusieurs substances dites allergènes en principe bien tolérées par la majorité de la population.

 

L’allergie respiratoire est le résultat d’une réaction excessive du système immunitaire vis-à-vis des allergènes inhalés (pollens, poussières, acariens, moisissures) considérés à tort comme des agresseurs.

 

Les manifestations allergiques respiratoires sont :

La rhinite ou « rhume des foins » avec nez bouché, écoulement nasal clair, picotements du nez et de la gorge, rougeurs de yeux, larmoiement et l’asthme.

 

Les symptômes peuvent durer de quelques jours à quelques semaines. Ils varient en intensité selon la présence de l’allergène et le degré de sensibilisation de la personne.

Lorsque l’allergie atteint les poumons, on retrouve des malaises plus importants dont le plus grave est la crise d’asthme provoquant une sensation d’étouffement.

 

Prudence si vous avez une toux qui évolue sur plusieurs mois, une toux survenant après un problème infectieux, une toux nocturne, une gêne respiratoire, il est conseillé de consulter un médecin.

 

Les pollens déclenchent surtout des rhinites car les particules sont en général trop grosses pour arriver jusqu’aux bronches.

 

Comment ça se passe

L’importance de nos barrières de défenses et le rôle du système immunitaire

Tout d’abord rappelons ici que le système immunitaire de l’intestin est le plus important de l’organisme par la quantité de cellules immunitaires (lymphocytes, macrophages) déployés le long de la muqueuse.

 

Les cellules immunitaires synthétisent des anticorps, notamment les Immunoglobulines A sécrétoires (IgAs ) chargées de défendre l’organisme contre les agents pathogènes ou opportunistes. Les IgA s tapissent toutes les muqueuses : nasale, buccale, respiratoire, digestive, urogénitales, et constituent la première ligne de défense de ces muqueuses.

 

Toutes ces muqueuses jouent le rôle de barrières de défense. Ce rôle est déterminant puisque si une barrière est déficiente en IgAs, les ennemis extérieurs en l’occurrence ici les pollens vont passer dans la circulation sanguine entraînant une réaction de défense de la part de l’organisme : l’inflammation.

 

La production d’IGAs est intimement liée à l’équilibre de l’écosystème intestinal d’où l’importance d’une flore intestinale optimale et d’une muqueuse intègre.

Les deux grandes causes d’un deficit en IgAs sont : un déficit inné, génétique, et une dysbiose induisant des perturbations du système immunitaire intestinal.

 

Sous l’effet de plusieurs facteurs, il peut se produire une hyperperméabilité intestinale ou leaky gut syndrôme à l’origine d’une perturbation du système immunitaire.

 

L’hyper-perméabilité intestinale induit des pathologies allergiques, indépendamment des IgAs, par passage des allergènes à travers la muqueuse intestinale devenue perméable et dissémination par voie sanguine vers les autres muqueuses.

Ceci pourrait expliquer le fait que l’on puisse devenir allergique à n’importe quel moment de sa vie, vis-à-vis de toute substance, alimentaire ou non.

 

Dans le cas des allergies respiratoires, la muqueuse nasale et la muqueuse rhinopharyngée sont défaillantes (diminution des IgAs).

Les pollens considérés comme des agresseurs pénètrent à travers la muqueuse entraînant une production d’anticorps spécifiques qui sont les ImmunoGlubolines E (IgE).

 

Ces IgE se fixent sur la peau et les muqueuses ; l’organisme est alors sensibilisé. Lors d’un deuxième contact avec cet allergène, par exemple : un grain de pollen, les cellules qui portent ces IgE libèrent les molécules responsables des symptômes : histamines, leucotriènes entraînant un processus inflammatoire.

 

Parmi les accusés, les pollens figurent au premier rang, suivis par les allergènes intérieurs : acariens, moissisures, poils d’animaux, plumes, poussières de maison, de farine, de bois…)

 

 

Calendrier pollinique

 

 

Comment faire face aux allergies respiratoires

En aigu

L’utilisation des corticoïdes et des médicaments anti-allergiques peut s’avérer nécessaire pour ralentir les réactions immunitaires. Ils soulagent immédiatement l’organisme.

 

D’autre part, les plantes, les nutriments, l’homéopathie peuvent apporter un réel soulagement.

 

  • L’homéopathie : pollen, poumon histamine etc.
  • Le cassis – Ribes nigrum sous forme de bourgeons ou d’EPS. Le cassis possède une activité cortisone- Like, il est anti-inflammatoire. C’est la plante incontournable de l’allergie.
  • Le petit plantain – Plantago lanceolata : antihistaminique par inhibition des IgE, antispasmodique, anti infectieux.
  • Huile de Périlla : Elle contient 60% d’acide alphalinoléique (oméga 3). C’est la plante la plus riche en précursseur des oméga 3 du règne végétal ! Elle aide à lutter contre les manifestations réactives et les agressions extérieures.
  • Les anti-oxydants : Vit C, Vit E, les flavonoides, ils sont anti-inflammatoires, anti-oxydants et capteurs de radicaux libres, molécules néfastes aux cellules lors d’inflammation répétée non maîtrisée.

 

Parmi les flavonoides, la quercétine inhibe la formation des médiateurs de l’inflammation, les prostaglandines et les leucotriènes, en même temps que la libération de l’histamine d’où son action comme anti-histaminique.

 

Les flavonoides sont normalement apportés par les fruits et légumes, Ils sont particulièrement abondants dans le raisin, le thé et le cacao.

 

  • Les aliments riches en quercétine : les oignons, la pomme, le thé, le sarrazin.
  • La N Acetyl-Cystéine : acide aminé antioxydant connu pour fluidifier les sécrétions en particulier dans les sinusites.

 

Recommandations pratiques :

– Lavage de nez avec de l’eau de mer

– Protéger votre muqueuse nasale avec une crème appropriée
– Limiter les expositions aux pollens : tonte de pelouse, randonnée, porter des lunettes
– Privilégier une alimentation hypotoxique

 

 

Prévention chez l’allergique

Il serait judicieux de s’attaquer au terrain en renforçant l’immunité, en abaissant la sensibilité aux allergènes. La prise en charge permet de faire disparaître tous les désagréments liés à l’allergie.

 

La micronutrition

– Tout d’abord, il est pertinent de restaurer la barrière intestinale et rétablir une bonne flore avec probiotiques et glutamine.

 

– Rééquilibrer le statut en acide gras polyinsaturés oméga 3 (poissons gras) et oméga 6 (onagre et bourrache) est important car les oméga 3 constituent l’essentiel des membranes et possèdent des propriétés anti-inflammatoires.

 

 

 

– Combler les carences en vitamines et minéraux impliqués dans l’immunité : Zinc, Cuivre, Fer, Sélénium,Vit. D

 

La phytothérapie

Certaines plantes possèdent des propriétés anti-histaminiques et anti-inflammatoires intéressantes dans l’allergie.

 

– Le cassis sous forme d’extrait fluide (EPS et SIPF)

 

– Le desmodium adscendens propriétés hépatoprotectrices, anti allergique, anti spasmodique à faire en cure au printemps pendant 3 à 4 semaines (conseillé dans l’asthme allergique).

 

– La sécuridata longepedunculata : Plante dont les principes actifs, la sénégénine et l’acide sénégénique participent au contrôle de l’activité du système immunitaire

 

– Les œufs de caille :

 

l’utilisation des oeufs de caille contre les allergies est connu depuis oeufs de caille contre l'allergiedes millénaires en Chine. Les œufs de caille agissent sur l’hypersensibilité immédiate c’est à dire sur les IgE en réduisant leur production. Ils se consomment comme aliment ou sous forme de gélules.

 

La gemmothérapie

La gemmothérapie à une place de choix dans la prise en charge de l’allergie en particulier chez les enfants.

 

  • Ribes Nigrum Bourgeons : bourgeons de Cassis « corticoïde végétal » par stimulation des glandes surrénales. Le cassis augmente, s’il est pris le matin, la production de cortisone naturelle.
    Action anti-inflammatoire de drainage des toxines. On peut le donner à l’enfant, la posologie est fonction du poids de l’enfant.
  • Fagus sylvatica Bourgeons – bourgeon de Hêtre : action anti-histaminique.
    Les anti- allergiques spécifiques seront choisis en fonction des symptômes
  • Viburnum lantana Bourgeon – Bourgeon de viorne : plus particulièrement utilise pour les rhinites allergiques avec ou sans conjonctivite.
  • Bétula pubescens – bourgeon de Bouleau : action anti-histaminique plus marquée sur les bronches et sur l’asthme. Il stimule les cellules de défenses qui ont une action sur la détoxication hépatique, très intéressant chez les enfants qui ont toujours la goutte au nez.
  • Rosmarinus officinalis – Romarin (10 jours par mois). On retrouve souvent une petite insuffisance hépatique dans l’allergie. Le romarin aide le foie à gérer la flore intestinale et à filtrer les toxines.

 

L’oligothérapie

Les oligo-éléments diminuent l’intensité des manifestations allergiques : les principaux : le manganèse, le soufre, le cuivre…

 

 

Anticiper les phénomènes allergiques chez l’enfant

La prévention commence dans le ventre de la mère et à la naissance. Une future maman qui a préparé son organisme à la grossesse (détoxication, alimentation hypotoxique, restauration de la flore, combler les carences…)

 

Une future maman doit si elle le peut :

  • s’alimenter avec des produits sains : fruits et légumes bio, huiles de qualité, poissons gras, glucides à Index Glycémique bas.
  • prendre des compléments alimentaires adaptés en particulier ceux qui ont une influence sur l’allergie.

Soit

  • les probiotiques au moins 1 mois avant l’accouchement, toute la grossesse si possible, et pendant l’allaitement.
  • les oméga 3 pendant la grossesse et l’allaitement

 

La prévention de l’allergie se poursuit ensuite par l’allaitement : le lait maternel est le plus adapté au bébé car il est non allergisant et riche en IgAs.

 

On lit souvent que l’allaitement protège des allergies : oui, à condition que la maman respecte les règles diététiques précitées.

 

Le lait d’une maman qui mange des aliments raffinés, gras, avec des conservateurs, des colorants, est nocif pour le bébé car on retrouve toutes ces substances dans le lait qui est un émonctoire. Il en est de même pour tous les produits appliqués sur la peau en particulier les cosmétiques.

 

Le bébé : afin de lui permettre d’acquérir suffisamment tôt une flore intestinale de qualité, il est conseillé de lui donner des probiotiques adaptés dès la naissance.

 

 

Comment réduire les risques de devenir allergique

  • Privilégier une alimentation vivante, saine et variée afin de maintenir l’équilibre de notre écosystème intestinal et d’éviter le leaky gut syndrome. Les aliments modifiés, dénaturés par l’industrie agro-alimentaire, pollué par les nitrates, pesticides, conservateurs, font le lit de l’allergie. Ils agissent au niveau de l’intestin.
  • Entretenir sa flore intestinale avec des probiotiques, et maintenir un bon équilibre oméga 3/ oméga 6.
  • Evoluer dans un environnement intérieur et extérieur le moins pollué possible. En effet, les particules polluantes microscopiques, en pénétrant dans les voies respiratoires servent de transporteur aux allergènes (grains de pollen, acariens…), et amplifient la production d’anticorps (IgE).
  • Entretenir sa forme physique.

 

 

Conclusion

Les mécanismes de l’allergie sont complexes, ils intéressent les scientifiques depuis longtemps et ne sont pas totalement élucidés. Mais il semble que la prise en charge de la dysbiose et de l’hyperpermebilité intestinale soit primordiale.

 

L’équipe de Bio et Nutrition

 

 

Bibliographie

– Rajeunir nos tissus – Dr max Tétau, Dr Daniel Sciméca.

– Traité de phytothérapie Dr Jean Michel Morel
– Ecosystème intestinal et Santé optimale Dr Georges Mouton

– Dossier : L’intestin : acteur clé de notre santé

 

Mise en garde

Les informations de ce document ne peuvent en aucun cas être considérées comme un avis médical ou comme des conseils individualisés. En conséquence, nous vous invitons à vous rapprocher de votre médecin ou professionnel de la santé.

 

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