Les maux de l’hiver

L’hiver nous apporte le froid, le manque de lumière, et son cortège de virus, tous les éléments sont réunis pour affaiblir nos défenses immunitaires. Les infections des voies respiratoires se multiplient, le nez s’obstrue, la gorge s’embrase, les bronches sécrètent, et les poumons s’essoufflent.

 

80% des maladies sont d’origine virale, bien souvent les antibiotiques ne sont pas nécessaires.

Ils ont sauvé et sauvent encore des millions de personnes, mais de nos jours leur utilisation abusive connaît des effets pervers contre lesquels nous devons lutter.

 

Quels sont ces inconvénients :

  • La sélection de bactéries résistantes
  • Altération de la flore intestinale qui est un des piliers de notre immunité
  • Agression de la muqueuse de l’intestin grêle qui peut devenir perméable et ainsi favoriser de nombreuses maladies.

 

Comme le recommande l’assurance maladie : « les antibiotiques c’est pas automatique. »
Si on a négligé la prévention en renforçant ses défenses ou si malgré la prévention ,on n’échappe pas à ces petits maux, il existe des solutions naturelles pour lutter contre les affections de l’hiver et accélérer la guérison des petits comme des grands.

 

Cependant il faut les accompagner de réflexes simples tels que :

  • Se laver souvent les mains,
  • Nettoyer ses fosses nasales (voie d’entrée des virus),
  • Aérer les pièces et les purifier avec les huiles essentielles

 

Parmi ces solutions, les huiles essentielles (HE) par leur propriétés anti-virales, anti-infectieuses et immunostimulantes, sont redoutables contre virus et bactéries.

 

Il convient d’y penser en prévention et dès les premiers signes d’atteinte respiratoire.

Les HE contiennent des molécules bien connues qui ont la faculté de limiter la multiplication des germes et laissent le soin à l’organisme de rester actif et de participer à sa défense.

 

Elles sont eubiotiques, elles respectent nos bactéries amies qui constituent notre flore intestinale. De part leur composition complexe, elles n’induisent pas de résistance.

 

De la même façon les plantes sous leurs différentes formes galéniques sont de bons compléments des huiles essentielles dans les manifestations de l’arbre respiratoire, elles s’utilisent sous formes de tisanes, gélules, extraits fluides, extraits secs…

 

Les huiles essentielles et les plantes agissent en synergie, les premières frappent vite, bien et fort pour anéantir les microbes, les secondes modifient le terrain et prêtent main forte aux organes d’élimination (foie, rein, poumon).

 

I. Lutter contre les microbes

Les huiles essentielles (HE)

Comme nous l’avons vu auparavant les huiles essentielles sont une forme de choix dans cette lutte grâce à leurs nombreuses propriétés. On les trouve en unitaire ou sous forme de complexes : lotion, gel, capsules et sous des formes adaptées aux bébés, aux enfants et aux adultes.

 

Les plus utilisées sont :

  • HE Ravintsara:Cinnamomun camphora 1-8 cinéole
  • HE Eucalyptus.radié :Eucalyptus radiata
  • HE Tea tree:Mélaleuca alternifolia
  • HE Niaouli :Mélaleuca quinquenervia
  • HE Thym à linalol :Thymus vulgaris CT linalol
  • HE Thym à thujanol Thymus vulgaris CT thujanol
  • HE Bois de rose :Aniba rosaeodora
  • HE Palmarosa :Cymbopogon martinii
  • HE Citron : Citrus limonum
  • HE Lavande vraie : Lavandula angustifolia
  • HE Laurier noble :Laurus nobilis
  • HE Géranium rosat (Egypte) : Pélargonium asperum CV Egypte

 

Les HE suivantes sont très puissantes, évitez de les utiliser sous forme unitaire en automédication, préférez les produits sous forme de capsules ou de complexes,
Pour certaines, elles peuvent être caustiques, toxiques pour le foie à dose élevée et sur une prise de longue durée.

 

Les plus concernées :

  • HE Ajowan : Trachyspermun amni
  • HE Cannelle de Ceylan (écorce) : cinnamomum verum ou zeylanicum
  • HE de clou de girofle :Eugénia caryophyllus ou Syzygum aromaticum
  • HE Sarriette des montagnes :Satureja montana
  • HE thym à carvacrol :Thymus satureioides
  • HE d’origan compact :Origanum compactum
  • HE Origan de Grèce : Origanum heracleoticum

 

Mise en garde

Les HE sont des molécules très actives, elles nécessitent des précautions d’emploi et un minimum de connaissance. Si vous faites de l’automédication, nous vous conseillons la lecture d’ouvrages traitants du sujet, ou bien demandez à votre pharmacien, il saura vous conseiller.

 

Le respect de la posologie de l’ordre de la goutte en particulier par voie orale est absolu, il faut être très prudent quant au choix, à la voie d’administration et au dosage.

 

 

La propolis

Les différents travaux de ces dernières décennies ont permis de valider ses propriétés connues depuis longtemps :son action sur certains germes et sur le mécanisme de l’inflammation.

La propolis est un véritable allié des voies respiratoires, elle contient des substances qui désinfectent, ainsi elle est employée pour lutter contre les infections en interne ou externe sous forme de gommes à mâcher, sirop, capsules, spray…

 

 

Les probiotiques

Comme nous l’avons vu dans le dossier « renforcer vos défenses », les probiotiques sont des bactéries « amies ».

Elles ont notamment pour rôle de protéger l’organisme des souches pathogènes en les empêchant de se fixer sur la muqueuse : c’est l’effet barrière. Elles renforcent le système immunitaire.

Le temps de survie des probiotiques dans l’intestin est variable d’une souche à l’autre ; il dépend de la capacité d’adhésion à la paroi intestinale. Cette adhésion n’est que temporaire, les probiotiques sont éliminés en quelques jours, il est donc nécessaire d’en réingérer régulièrement via l’alimentation.

Chez les personnes sujettes aux infections à répétition ou fragiles, présentant des troubles digestifs, il est conseillé de prendre des probiotiques sous forme de compléments alimentaires. Ces derniers se présentent sous forme de gélules, de comprimés ou de sachet de poudre. Le choix des souches présentes dans les compléments alimentaires est important car la fonction est souche-dépendante.

 

Des probiotiques efficaces doivent :

  • Etre capables de résister à l’acidité de l’estomac et à la bile,
  • Adhérer à la muqueuse intestinale pour constituer la « barrière » contre les agressions extérieures,
  • Avoir une concentration au moins égale à 3 milliards de lactobactéries vivantes et stables par grammes de produits.(s’assurer que les ferments n’ont pas subit de chauffage, ils perdraient tout ou partie de leurs qualités)
  • Etre tolérés par l’organisme
  • Etre capables de produire des substances anti-microbiennes

 

II. Lutter contre la fièvre

La fièvre est définie par une température rectale supérieure à 37,3° C le matin et 37,8 °C le soir. C’est un moyen de défense naturel de l’organisme, elle permet de mieux résister à l’infection en tuant par la chaleur les germes responsables ou en gênant leur multiplication.

Tant que la fièvre n’est pas trop élevée, l’homéopathie (en particulier pour les bébés et les enfants) et les plantes peuvent nous être d’un grand secours pour aider le corps dans la lutte contre les intrus :

  • Le saule blanc
  • La reine des prés
  • La Bourrache
  • Le bouleau

Il est conseillé de boire abondamment des tisanes et des jus de fruits ou de légumes.

 

 

III. Combattre l’inflammation

Les tissus des muqueuses respiratoires, en particulier dans les maux de gorge et autres pathologie en « ites », deviennent douloureux, gonflés…

  • L’Harpagophytum, surtout connu pour ses propriétés d’antidouleur articulaire est une plante de choix dans toutes sortes d’inflammations. On utilise ici principalement l’extrait sec sous forme de complément alimentaire très concentré en principes actifs (harpagoside)
  • Le Curcuma
  • Le cassis : Ribes nigrum sous forme de poudre, d’extrait hydro-alcoolique, d’extrait sec
  • L’érysimum : c’est la plante de l’enrouement

IV. Calmer la toux

La toux accompagne la plupart des pathologies de la sphère ORL, c’est un acte réflexe suite à une irritation de la muqueuse respiratoire.

? Elle peut être grasse et alors bénéfique car elle permet l’évacuation des sécrétions, il est déconseillé de la stopper, il faut au contraire fluidifier ces sécrétions bronchiques pour faciliter leurs expulsions.

 

Les huiles essentielles expectorantes, décongestionnantes sont :

  • HE de Myrte : Myrtus communis CT cinéole
  • HE d’ Eucalyptus radiata et globulus
  • HE d’ Inule : Inula graveolens
  • HE Pin sylvestre : Pinus sylvestris
  • HE Romarin officinal à verbénone : Rosmarinus officinalis CT verbénone
  • HE Romarin officinal à cinéole : Rosmarinus officinalis CT cinéole
  • HE Hysope : Hyssopus officinalis ssp Decumbens (ne pas confondre avec Hyssopus officinalis ssp officinalis dont la vente est réservée à la pharmacie).

 

Parmi les plantes intéressantes, certaines ramollissent les sécrétions et d’autres facilitent la production de mucus : marrube blanc, lierre, bouillon blanc, les fleurs pectorales composées de mauve, guimauve, bouillon blanc, coquelicot, violette, pied de chat, tussilage.

 

? La toux sèche (sans expectoration) est un phénomène inflammatoire qui a tendance à s’auto-entretenir, elle est épuisante. Les plantes intéressantes sont : lierre grimpant, thym, aunée.

 

Parmi les huiles essentielles :

  • HE Cyprès de Provence : Cupressus sempervirens
  • HE Laurier noble : Laurus nobilis

Les plantes

Le thym

 

Remarque :

La toux peut avoir d’autres causes que les maladies de l’appareil respiratoire :tabagisme, reflux gastro-oesophagien, médicaments. C’est un symptôme qui doit amener à consulter lorsqu’il dure.

 

V. Utilisation des Huiles Essentielles

La voie cutanée est la voie d’administration la plus souple, mais dans certains cas il est intéressant d’attaquer le virus sur tous les fronts en associant la voie interne et la voie externe pour plus d’efficacité.

 

Bien des échecs sont dus à une mauvaise utilisation ou une mauvaise posologie des HE, un des gros inconvénients des HE est leur courte durée d’action.

Pour tout phénomène infectieux ou viral, il est nécessaire de renouveler l’application plusieurs fois dans la journée.

 

  • Voie cutanée : lotion, baume
    On dépose quelques gouttes d’un mélange d’huiles essentielles pures pour les adultes ou diluées dans des huiles végétales pour les enfants (voûte plantaire, face interne des poignets, poitrine, haut du dos). Il existe des gels prêts à l’emploi pour bébé, enfant et adulte.
  • Inhalations
    • Inhalation sèche : elle consiste à mettre 2 ou 3 gouttes d’ HE pures ou sous forme de mélange sur le mouchoir et le respirer
    • Inhalation humide : mettre 3 à 4 gouttes d’ HE dans un bol d’eau frémissante
  • Orale
    • HE en solution buvable : les HE sont diluées dans un dispersant, il existe des formes pour adulte et pour enfants
    • Les capsules molles (gélatine issue de peau de poisson sauvage) : les HE sont diluées dans une huile végétale.
      Cette voie d’administration est déconseillée chez les personnes ayant un estomac fragile.
  • Diffusion atmosphérique
    Elle est moins puissante que la voie cutanée, mais elle permet de neutraliser les microbes en suspension dans l’air (en période d’épidémie l’idéal serait de diffuser des huiles essentielles dans les lieux publics ainsi que dans les crèches, hôpitaux, salle d’attente, école)

VI. Les macérats concentrés de bourgeons

La gemmothérapie s’intègre parfaitement dans ces approches.

Les bourgeons les plus utilisés sont :

  • Le cassis : ribes nigrum aux propriétés anti-inflammatoire et anti-allergique,
  • L’églantier : rosa canina, remède des infections localisées à répétition, il régénère les muqueuses,
  • L’aulne glutineux alnus glutinosa : remède des phénomènes inflammatoires aigus en cas d’atteinte aiguë avec mucosité
  • Le bouleau : betula pubescens ou verrucosa : il stimule les macrophages

 

Ils ont leur rôle à jouer dans la prévention principalement chez les jeunes enfants qui font des infections à répétitions.

 

VII. La vitamine C ou acide ascorbique

C’est la plus fragile des vitamines, c’est un puissant antioxydant. Elle est emmagasinée dans plusieurs tissus, mais particulièrement abondante dans les globules blancs, les glandes surrénales, les yeux et le cerveau. Elle améliore la résistance à l’infection. Des concentrations élevées en vitamine C permettent une meilleure mobilisation des globules blancs et des neutrophiles en s’attaquant beaucoup plus facilement aux bactéries.

 

Cela ne permet ni d’éviter un rhume, ni de le guérir. En revanche, on sait que la vitamine C peut atténuer les symptômes et réduire la durée de la maladie.

 

VIII. L’alimentation des troubles respiratoires

Certains aliments tout comme le grignotage ralentissent la digestion et provoquent une congestion de la muqueuse digestive. De ce fait l’organisme, occupé à fournir de l’énergie sur le plan digestif sera moins vigilant sur le plan immunitaire.

 

Dans son livre « Antibiotiques naturels », le Docteur Jean-Pierre Willem (pionnier des médecines naturelles) met en avant l’importance du terrain :

« Certaines pathologies chroniques de la sphère ORL, comme la sinusite, les rhino-pharyngites, les otites, seraient dues à un mécanisme de défense de l’organisme. Le corps se sert des muqueuses respiratoires (sinusiennes, nasales, bronchique) pour évacuer le « trop plein » intestinal et hépatique d’une alimentation riche en corps gras, en farineux, en produits laitiers et sucres industriels. »

 

Les aliments déconseillés :

  • Les aliments riches en mauvaises graisses :viande grasse, charcuterie, viennoiseries, plats préparés
  • Lait et produits laitiers
  • Les alcools
  • Les produits sucrés, les sodas
  • L’excès de céréales surtout raffinées.

 

Les aliments conseillés :

  • Fruits et légumes les moins traités possible (bouillon, cuisson vapeur…) riches en vitamine C : Acérola, cynorrhodon, kiwi, citron, orange , chou vert , persil ,brocoli.
  • Les légumineuses
  • Les huiles vierges 1 ère pression à froid, riches en acides gras oméga 3
  • Les poissons gras
  • Le thé sans sucre

 

La correction nutritionnelle est donc toujours au cœur des traitements des pathologies ORL récidivant de l’adulte et de l’enfant et elle a toute sa place au côté des traitements préventifs et curatifs.

On sait aujourd’hui , que de nombreux maux de l’hiver sont d’une baisse immunitaire dont l’intestin est le principal responsable.

Une flore intestinale non performante, une hyperperméabilité intestinale et c’est à coup sûr un hiver difficile du point de vue de la santé.

 

Conclusion

Les affections respiratoires touchent chaque hiver des millions d’entre nous .Ces maladies infectieuses et inflammatoires restent le plus souvent bénignes et évoluent spontanément vers la guérison. Cependant, mal soignées, elles peuvent entraîner des troubles plus graves ou devenir chroniques.

Il convient alors de s’intéresser au système immunitaire en recherchant une éventuelle faiblesse. Le terrain a une grande responsabilité dans les processus infectieux, il est donc intéressant de tenir compte de la personne dans sa globalité : l’homéopathie, l’oligothérapie, la micronutrition et la phytothérapie sont alors des stratégies thérapeutiques de choix.

 

 

L’équipe Bio et Nutrition

 

Bibliographie

Antibiotiques naturels Dr Jean-Pierre Willem,

La phytothérapie Européenne N° 37,

Stop aux maladies ORL , Danièle Festy

 

Mise en garde

Les informations de ce document ne peuvent en aucun cas être considérées comme un avis médical ou comme des conseils individualisés. En conséquence, nous vous invitons à vous rapprocher de votre médecin ou pharmacien, ces informations ne pouvant en aucune façon se substituer à l’avis d’un professionnel de santé.